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mercredi 5 septembre 2018

Il était une fois:

Ce jour-là, un grand brin de nostalgie s'est infiltré en moi. Je ne sais ce que j'ai ressenti mais, passant devant le musée Jurassien, j'ai soudain eu envie de retrouver un peu de ce passé qui parfois m'étreint. J'ai donc franchi le pas et me suis mis à la recherche de ces objets, usuels, qui rappellent tant de bons moments d'une vie qui défile à grande vitesse.

Dans une première découverte j'ai retrouvé : la baratte à beurre de mon enfance. Un vrai travail chaque jour pour récupérer la crème sur le bidon à lait. Faute de réfrigérateur, l'écuelle était placée dans l'endroit le plus frais de la maison. Souvent la petite fenêtre de la cuisine située au Nord ne recevait, en hiver du moins, aucun rayon de soleil. Dame! Il fallait la crème de toute la semaine pour produire la plaque de ce beurre qui ne figurait alors qu'au petit déjeuner du dimanche. Le barattage durait près d'une heure. Mais lorsque ressortait la boule jaune compacte au milieu du petit lait, c'était la fête!...

En continuant ma prospection, je découvre un outil très bizarre. Comme nous ne sommes pas vraiment dans une région de production, je ne le reconnais pas: - de quoi s'agit-il ? C'est un peigne à myrtilles m' apprend-t-on...Tout en bois, il possède un manche ou plutôt une poignée et sur l'avant, des longs clous espacés qui s'infiltrent entre les myrtilles avec un fond constitué de lamelles toujours en bois qui laissent filer les fruits dans le récipient de récolte. Cela s'emploie comme un gant...

Vous vous souvenez bien sûr des pains de sucre ? On en gagnait dans les lotos de l'époque et les épiciers en proposaient tous. L'outil que je découvre ici est en fait une pince pour casser les pins de sucre. Celui-là non plus je ne le connaissais pas dans la pratique. Drôle de forme avec deux lames en triangles. Dans la poignée, un ressort de rappel comme dans les pinces à ongles, avec un réglage de dureté.Tout en métal. Je me souviens avoir cassé des pins de sucre et ce n'était pas toujours pratique, mais de la pince, aucun souvenir.

Dans ma prospection, je tombe sur un instrument que tout militaire de l'armée suisse connaît: Les couverts de pique-nique. Pardon... celui-ci est en acier inoxydable, contrairement à l'instrument militaire que les soldats recevaient dans leur paquetage qui était lui en aluminium et un peu plus réduit. La possibilité de les réunir par un rivet et une ouverture allongée leur donnait place dans le sac à pain, sans trop d'encombrement.

L'objet suivant a aussi une résonance militaire: la chicorée. Sous forme d'un gros boudin, emballage papier, elle se rappelle à moi dans les mains de ma maman. C'est la deuxième guerre mondiale et le café est cher et rare, le matin maman Mariette déploie un journal sur la table et dépose une ration de café au milieu, café bientôt complété par sa moitié de chicorée. On mélange et on bourre le filtre de la cafetière, puis on ajoute l'eau et la cuisson fait passer cette eau dans le filtre ou se trouve le café. Bien entendu cette façon de faire n'était pas sans inconvénients, le dépôt de marc. Bon, une petite passoire réglait le problème. Mais le café ? M'y voici avec un moulin Peugeot, en bois. La réputation de Peugeot est due au mécanisme indestructible de ses moulins. Du reste encore sur le marché actuellement. Si ils sont électrifiés maintenant, celui-ci est aussi à manivelle, tout comme la baratte à beurre il fallait tourner et tourner et souvent sans obtenir la mouture adéquate. Beau temps ou l'on se contentait de ce que l'on avait.

Un truc métallique attire mon attention. En deux parties qui se juxtaposent, il présente...la forme d'un lapin ! Je pense de suite au lapin de Pâques et s'en est le moule ancien. Souvent le seul cadeau de cette fête, il m'a fait rêver. A l'heure actuelle, je m'offre chaque année un ou plusieurs de ces petits animaux si doux à croquer. Pour moi, cela n'a rien à voir avec la tablette. Le craquement lorsque je brise la tête de ma friandise, le morcellement tout au long de ma dégustation sont des moments que j'adore !

Je suis toujours dans les objets de l'alimentation pour découvrir parmi les vieux emballages, une bouteille de la brasserie jurassienne qui fut reprise par Warteck. Le souvenir de son grand panneau, sous le Ticle actuel ornait tout ce quartier de Delémont. L'immeuble construit sur ces lieux en a effacé toute trace. Un autre conteneur plus prosaïque attire encore mon attention. Si on le recevait sous forme de petits cubes, le Maggi figurait chez les épiciers du coin dans de grosses boites colorées. La concurrence de Knorr et de Maggi se distinguait par les couleurs de ces emballages rouge et orange.

Je crois que je vais arrêter ici ma découverte. Tous ces objets de l'alimentation m'ont ouvert l'appétit. Il est temps de trouver un petit bistrot pour terminer la soirée. Dommage le petit café voisin du musée n'existe plus, alors faudra-t-il se rabattre sur une Pizza ?...


Pourquoi j'ai écrit mes recettes de cuisine ?

Lors de mes essais dans la branche, alors que rien ne me prédisposait à cette profession, j'ai pris à plusieurs reprises les quolibets de mes enfants: " Papa quand est ce que nous cesserons d'être tes cobayes?". Aussi lorsqu'après 35 ans de pratique, j'ai eu l'occasion de passer mes heures de convalescence suite à une opération du genoux gauche, je me suis lancé. J'avais exploité plusieurs restaurants, dirigé la réalisation de grandes cuisines en collectivités de tous genres et travaillé à réaliser ce qui était devenu mon rêve et ma principale préoccupation: concocter des plats  pour rendre heureux ceux qui les dégusteraient. Sans chercher la difficulté, j'ai vraiment souhaité procurer du plaisir en se mettant à table. Des plats simples mais avec une exécution soignée et respectueuse de leur tradition, m'ont apporté la réalisation de ce souhait. Bien entendu, il faut aussi faire preuve de logique et d'un peu d'imagination. Mais la générosité est pour moi une qualité primordiale du cuisinier. Je voulais alors effacer l'impression de "cobayes" de mes enfants. Pour cela j'ai admis que le plus important était la régularité. Le moyen de la perpétuer étant de l'écrire je me suis mis à la tâche. Dans ma petite chambre de convalescence, ma jambe à l'extension sur une chaise, j'ai entrepris la transcription des plats de mon répertoire. Ce qui après quelques tâtonnement m'a amené à la rédaction d'une dizaine de recueils de recettes. Le tout dernier est intitulé:"Gastronomie Campagnarde II" et édité en juin de 2018. Il est obtenable au prix de 28.- auprès de l'auteur. Quelques-un des titres du contenu: Cocktails, Le beurre, usez sans abuser, Les consommés, Plats complets , Les pâtes en tous genres, Les poissons, Les viandes, Légumes d'accompagnement, Sauces et salades, Menus pour toute la semaine, Des recettes pour surgeler vos plats.
Je vous propose une d'entre-elles: 

La goulache à Brigitte.

En souvenir de mes amis Edith et Karl, de Vienne. 
1,2 kg de boeuf à ragoût
2 cs d'huile
100 gr de graisse d'oie
1,2 kg d'oignon blanc
20 gr de Paprika moyen
5 dl d(eau
2 cs de concentré de tomates
500 gr de tomates mondées
2 gousses d'ail écrasées
100 gr de poivron vert émincé
le zeste de 1 citron jaune et d'une demi orange
1 cc de harissa
1 cs de cumin
2 cs de farine
Faites rissoler la viande coupée en cubes de env. 40 gr, dans la graisse d'oie. A coloration, ajoutez les oignons grossièrement coupés, mélangez.
Mêlez  farine et Paprika pour en saupoudrer la viande et les oignons. Laissez roussir 5 min., salez et poivrez. Complétez avec les tomates, les zestes et l'ail, le poivron et le cumin.
Dans de l'eau à 35° C, délayez le concentré, l'harissa, 1/2 cc de caramel  (arôme) liquide, versez sur la viande. Couvrez et faites cuire à petit feu 2h30. Ajoutez de l'eau si nécessaire, en cours de cuisson.
Rectifiez l'assaisonnement qui doit être relvé.
A l'époque des fiacres à Vienne qui assuraient les taxis dans la capitale la nuit surtout,  on préparait cette recette en guise de collation, dans certains squares, pour réchauffer les cochers.
A servir avec des p.d.terre nature ou persillées.

mardi 4 septembre 2018

Quelque part...


Quelque part, un groupe minuscule se réjouit et se rince les mains dans le sang de 201 victimes espagnoles. Joyeux mais frustré que leurs engins aient explosés prématurément ce qui aurait permis de se faire baptiser dans le fleuve du sang d'innocents.
Quelque part, des millions de gens qui ont peur, qui prient et retrouvent un semblant d'unité devant l'adversité.
Quelque part un homme qui est en train, de fomenter sa prochaine barbarie , un acte que Dieu lui a certainement demandé.
Quelque part, un homme partagé entre dépit et colère, car on vient de lui torpiller son beau montage guerrier et revanchard.
Quelque part, des hommes et des femmes qui se retrouvent autour de leurs valeurs en se demandant ou en trouver les justifications. 
Quelque part, un homme seul qui se demande si il sera le prochain à payer ses erreurs, mais qui ne les admets pas.
Quelque part, le peuple qui vit, pleure, chante, baise et qui ne croit pas que c'est pour lui.
Quelque part ...Boum !

mardi 10 juillet 2018

Sur les quais !

Ce matin parisien et a peine brumeux  les bouquinistes sont déjà à la tâche devant leurs échoppes. La Seine est calme, juste parcourue par une ou l'autre péniche. Je m'attarde devant un éventaire de bouquin  sympas. Arrivé au pont de l'île St. Louis, je quitte la rive gauche avec le Louvre en perspective. Le sous-terrain qui relie la rive droite à la rue de Rivoli n'existe pas encore. Je m'engage pour traverser le jardin du Louvre et suis arrêté par une barrière métallique. Deux hommes s'y trouvent en attente. Un groupe imposant est en déplacement de l'autre côté de la balustrade. Une simple barrière en tube que l'on trouve au bord des parcours de toute manifestation parisienne. Parmi le groupe je distingue des projecteurs sur piètements et deux des participants portent des caméras de belle taille. Intrigué, je m'arrête, cette petite foule remonte le parc des tuileries, se dirige vers l'extrémité des jardins en passant entre les sculptures de Rodin. En remontant vers la grande porte qui débouche sur la place de la Concorde et son obélisque de Luxor, sur la droite un bosquet d'arbres clôture cette partie du parc. Tout le groupe s'y dirige et j'emboîte le pas. Là ! surprise deux autres caméras sont déjà installées sur leur pieds ainsi qu'une dizaine de projecteurs. Un groupe forme un cercle autour de deux chaises sur les dossiers des quelles je peux déchiffrer : Jane Fonda et Maximilien Shell.
Les deux acteurs y sont installés et des maquilleuses sont à l'oeuvre. Un service d'ordre nous canalise vers les arbres, juste derrière le groupe. Nous sommes une cinquantaine de curieux a découvrir les coulisses d'une prise de vue réelles d'un film. Depuis ma position, je découvre en face, sur la rue de Rivoli, à travers la grille qui surmonte un grand escalier, des véhicules garés comme fond de décor. Des camions années 30 et une voiture sont dans mon champ visuel. Parqué le long du trottoir sur la rue, je peux distinguer les raisons sociales sur les flans des véhicules. Alors que je suis à ma découverte, un ordre bref est donné: en place.
Un groupe de figurants en tenues d'époque, quitte le couvert boisé sur ma gauche. Un couple avec une poussette, deux agents de police portant la fameuse pelisse "hirondelle" se dirigent vers l'escalier. L'actrice elle, remonte en face de moi, le chemin de sable longeant le mur du parc. Elle porte une jupe noire, longue, et une veste grenat mi-longue. Elle marche tout en lisant un livre qu'elle tient devant elle. Les deux agents avancent dans sa direction et vont la croiser juste avant qu'elle n'arrive à hauteur de l'escalier. A ce moment une nuée de gamins en uniformes d'écolier, dévalent le dit escalier à grand renfort de cris. 
- Moteur a crié le metteur en scène...
Dix secondes puis retenti : Coupez...
Tout le monde retourne à son point de départ. Re maquillage. L'acteur n'a pas encore bougé de sa chaise et l'actrice reprend sa place à ses côtés. J'oublie mon projet de visite du musée du Louvre et je resterai planté là pour au moins dix reprises du même scénario. A chaque fois tout le monde démarre et revient se positionner en attente pour la prise suivante. 
Il est midi et je renonce finalement au Louvre. Je vais me trouver un petit resto derrière la Samaritaine. J'ai ramené une jolie série de photos de cet épisode.

mardi 12 juin 2018

Adieu la vieille blanche...

En arrivant en Ardèche, la maison louée à Montmagnon nous réserve une surprise. La présence devant nos fenêtre d'une petite troupe de chevaux de type camarguais. Vivant à l'extérieur toute l'année, sous les averses de pluie ou de neige, inlassablement ils parcourent des centaines de mètres carrés de pâture. Depuis 2 ans une jeune pouliche est venue compléter le groupe qui comporte la jument mère de cette troupe et 3 générations successives. Très familiers, les 5 bêtes sont souvent prés de notre enclos pour quémander caresses et nourriture. Ils font partie du paysage et leur présence n'a plus rien de surprenant.
Ce matin d'Automne, notre réveil est accompagné d'une curieuse plainte, venue de l'extérieur...
Nous approchant des fenêtres au sud, ouvrant sur la campagne, nous apercevons à quelques 300 mètres, 4 des cinq chevaux en arrêt au sommet d'un petit repli de terrain. Orientés vers la déclivité ce sont eux qui exhalent cette plainte lancinante qui nous a intriguée. Après une ou deux minutes et constatant que rien ne se produit, nous alertons notre propriétaire qui est aussi celui du troupeau. Le père Louis, se rend vers les bêtes toujours dans la même disposition. Il disparait à nos yeux absorbé par le repli du terrain et resurgit pour se diriger vers nous.
- C'est la jument, nous lâche-t-il dans son essoufflement. Elle est morte dans le talus  au bas du champ. Je vais m'en occuper.
Le reste de la troupe n'a pas bougé mais les hennissements du départ, ont nettement diminués.
Quelques minutes et Louis revient avec son fils sur le tracteur de celui-ci. Ils se rendent vers les lieux et peu de temps plus tard, sortent la jument, attachée par une corde au cul du tracteur. Dans cet équipage, il traîne le cadavre sur les 500 mètres qui le sépare de la route du village.  Les 4 chevaux sont maintenant rangés en bordure de route, immobiles.
Moins de 30 minutes plus tard, s'arrête le camion de l'abattoir. Le corps de la bête est alors chargé dans le véhicule qui l'emportera vers le lieu de l'équarissage. Durant toute la durée des opérations, le groupe est demeuré figé, spectateur de l'évènement. Plus aucun hennissement n'a été perçu. Le camion s'éloigne et dans la minute qui suit le groupe de chevaux, fait demi tour et reprend sa place dans son pâturage...
Nous sommes demeurés perplexes et presque émus de ce que nous venions de vivre. Il s'est dégagé de cet épisode un tel degré "d'humanité" que nous en avons souvent évoqué le caractère émotionnel.
C'était vraiment touchant et surprenant.

lundi 11 juin 2018

En ces temps là, le bois...

C'était au temps pas si lointain ou la Bourgeoisie de Bassecourt, possédait les clés du coffre, Mon grand père Simon étai aussi citoyen bourgeois de la commune. A ce titre il percevait comme tout un chacun dan cette situation, des gaubes. Largement propriétaire des forêts environnantes la répartition par tirage au sort des 8 stères par ayant-droit était totalement le fruit du hasard.
Mon grand père que je n'ai pas connu, est un homme des bois et il profite de chaque occasion pour parcourir ces forêts de Bassecourt dont en qualité de bourgeois des lieux, il se sent un peu propriétaire. Il vient de recevoir le dernier tirage de son lot de bois de feu. L'année tire à sa fin et en attendant le petit pécule de env. 100.- qui complète son droit, il prend en main la recherche de ses piles définies sur le bon de tirage. Le bois fait partie des coupes que les bûcherons ont pratiqués et les piles calibrées sont empilées sur les lieux même de leur abattage. Le secteur et les numéros des stères figurent sur les bons de répartition.
Le lot de Joseph Simon se situe sur le flanc sud de la commune. Il connait bien ce secteur de la Côte de la Chaud, aux trois barrières. Il sait déjà que la quête et le repérage seront difficiles. Ce matin de novembre, comme toujours à cette époque de l'année, le temps du Jura est maussade, gris et humide. Il n'hésite pas a se couvrir de sa grosse pelisse, chausse ses meilleures bottes pour se lancer dans sa recherche. Il prévient Marie son épouse que cela pourrait être très long et fastidieux. Munis de son bâton ferré, il quitte la douceur du foyer. Une petite heure de marche l'amène sur les lieux présumés. Un groupe de forestiers ne peut lui fournir plus de précisions sur le lieu de sa recherche. Toutefois quelques piles se profilent à une centaine de mètres. Il s'y dirige et constate que les numéros de ce lot sont assez éloignés de sa propre adjudication. Il choisit une direction plein Ouest et franchissant caniveaux et bosses, arrive sur une nouvelle coupe. Les premiers numéros relevés sont proches des siens. Persévérant,il finit par localiser une première partie de son lot. Il la marque de son signe et constate que le reste de celui-ci ne fait pas partie de cette coupe. Il peste contre ces choix délibérés de ne pas regrouper les lots par adjudication. Il faut alors déplacer le bois pour pouvoir en effectuer le chargement sur la plate-forme du voiturier. Qui est responsable de ce déplacement, le destinataire!...
Il finit par découvrir la deuxième partie de son lot. Comme il le redoutait, il est franchement paumé. Au delà d'un ravin rocheux à souhait. Bonjour le déplacement !
Il allait prendre  le chemin du retour, après marquage de ses stères, lorsqu'en se redressant, il aperçoit lovée aux pieds de la pile, une vipère inerte. A l'aide de son bâton ferrée, il titille le serpent. Sans réaction. Il accentue la pression, toujours rien. Il finit par soulever le reptile à la pointe de son bâton et ne suscite aucune réaction. Il estime alors que l'animal est mort et s'en saisit en entourant sa main du grand foulard qu'il porte autour du cou. Il enfourne le tout dans la poche extérieure de sa pelisse.
Il est largement passé midi lorsqu'il rentre chez lui. Grand-mère et ses filles sont déjà soucieuses de ce retard inhabituel. Toute la famille est assise autour de la table de cuisine et attend son chef pour commencer le repas.
Grand'père a retiré sa pelisse et déposé sur le coin de la table, le foulard et son contenu...il commence d'expliquer qu'il a découvert un objet qui devrait rendre service à son aînée, Mariette, l'institutrice...lorsque soudain un mouvement agite le morceau de tissus. Joseph comprend de suite et se précipite vers le fourneau à bois d'où grand-mère a déjà retiré la marmite du potage. Les flammes rougeoient dans le foyer ainsi à ciel ouvert, il saisit la pince à braises et avant que personne n'aient compris, il saisit le serpent avec la pince et se précipite vers les flammes. Il expose son trophée au-dessus du foyer. Après quelques tortillements la vipère pend inerte entre les mâchoires de l'engin, asphyxiée...
Les filles comprennent alors et éclatent en sanglots nerveux.
Je retrouverai cette vipère, baignant dans son bocal de formol, lors de mon entrée dans la classe de ma maman, trônant sur son pupitre. Elle fut un des sujets des heures de sciences naturelles pour beaucoup d'élèves de la classe de troisième tenue par ma maman Mariette.

Toujours des mots.

Cette fois je les ai noté. C'est curieux cette envie de décortiquer certains mots de la langue française. Mais elle existe bien.
Ce dernier: numismate.
Usité et connu, il m'est apparu soudain comme suspect. Envie de le regarder de plus près. Sa nature m'a ,un temps, été proche. A l'époque ou la monnaie suisse , dans ses valeurs dès 0,50 cts , est passée de l'argentage au cupronickel. La chasse aux pièces de 1 Fr, 2 Frs, 5 Frs et 0,50 Fr battait son plein. les dates d'émissions étaient le baromètre de ces valeurs. Vous pouviez ainsi vous retrouver avec une pièce de 2,- qui cotait plus de 150.- Comme je visitais les restaurants professionnellement, j'avais noués des relations avec quelques serveuses qui lors de mes passages me soumettaient la poche à monnaie de la journée.
Peu à peu l'engouement est  tombé, en même temps que les cotes. Il reste quelques reliquats de cette collecte dans une boîte à souvenir et la majeure partie fut utilisée ou revendue. Tout comme la philatélie, la notion de valeur se situe maintenant dans l'âge des pièces plutôt qu dans les prix des catalogues. La, par contre, c'est encore une de mes passions..

Le deuxième cas est "népotisme". Précédemment usité dans les religions, il est de plus en plus à la mode dans l'organisation de notre société. La réservation et la distribution des privilèges atteint dans la société actuelle, des notions d'institution.
Définition: abus de quelqu'un qui par sa position favorise le placement des gens de sa famille dans une hiérarchie. Papes et évêques du moyen âge en ont multiplié les exemples.


dimanche 3 juin 2018

04. juin 2018...

Un jour un peu particulier pour moi. Demain je vais entrer à l'hôpital de Delémont pour une adaptation de mon peace maker. Je ne sais en quoi cela consistera ?
Opération, simple complémentarité de l'existant ?
Comme trop souvent on ne nous explique rien, venez pour 16h30...
J'ai réservé le transport par la Croix rouge.

Roger W. ne pourra venir me dire bonjour, son état est trop grave pour un déplacement. Samedi j'ai rendu visite aux Stadelmann, M. est tristement diminuée, ils doivent renoncer un peu aux sorties et l'escalator de l'appartement lui permet encore de sortir. 

Je devrais aller consulter le livre d'or de la Confrérie dès que possible. Ils ont le chapitre au Tessin cette année.

Toutoune est passée me voir, elle réalise à Genève, un mur du jeu, assez séduisant. Ceci à côté du mur des Réformateurs. Inauguration dans 10 jours.


samedi 2 juin 2018

Le "Bistrot du mois".


Lorsque je suis arrivé sur les hauts des Ponts de Martel, ce jour d'avril 1987,le coup de foudre fut total et fulgurant. A la minute même, j'ai arrêté mon choix de vie pour les années à venir.
Après 25 ans de va et vient entre Suisse, France, Italie, Allemagne, Belgique et accessoirement le nouveau continent, ou USA, Mexique ou Canada m'ont entre-ouvert leur gastronomie. Après plus de 350 réalisations de cuisine de restaurants toutes catégories ou j'ai côtoyé des chefs de tout rang et de toute provenance. Des "Pros" sans passion et des amoureux inconditionnels de cet art qu'est la cuisine.
Après avoir essayé de manière très modeste de contribuer à l'édifice "Gastronomie" et créé mon propre concepte de restauration, j'ai ce jour-là eu l'envie de m'accorder un nouveau défi : passer de l'autre côté du fourneau !
Trois mois plus tard "La Petite Joux" ré ouvrait son coeur à ses anciens amoureux et aux nouveaux qui n'allaient pas tarder à succomber à ses charmes.
Pour la première fois cette ferme d'alpage à la longue histoire (construite en 1656) était un véritable restaurant. Restaurée et mises aux normes actuelles par le service des domaines de la ville de Neuchâtel (propriétaire du domaine des Joux offert par Louis d'Orléans a la cité pour avoir obtenu l'autorisation de prélever des troupes sur son territoire) la "Petite Joux" chère au coeur des Pontliers devait m'apporter les plus belles satisfactions de 1987 à 1991.
Lors de sa fermeture pour travaux, un de ses fans écrivit:
- "Petite Joux", toi qui nous a vu si souvent attablés devant un bon verre de blanc, nous avons de la peine à y croire que nous n'allons plus pouvoir rien y boire. 
Hélas, il faut bien se résigner...ce petit bistro sera bientôt fermé. Les locataires de ces lieux si doux ne pouvant plus supporter plus longtemps le joug de la ville de Neuchâtel qui, propriétaire, de réparations n'a jamais voulu faire. Ce n'est pas sans grande nostalgie que nous te verrons tomber en léthargie. Mais tous les habitués du lieu qui y ont passé des moments merveilleux, garderont de la famille Bähler, un souvenir reconnaissant et sincère.
Certains furieux, se sont juré de n'y plus revenir. La curiosité aidant, peu à peu nous avons a nouveau pu les compter dans nos rangs. C'est pour eux que j'ai répondu ceci:
- Tout ne fut pas perdu...
ta cause bien défendue
fais de toi, la belle ingénue 
qui sûrement n'a pas d'éplu.
Dans le climat recréé
de tes cloisons boisées,
tes nostalgiques admirateurs
ont retrouvés en toute splendeur
les joies non oubliées
de tes siècles passés.
Dans ton beau site inchangé
tu veilles pour l'éternité 
sur les têtes désormais enneigées
de tous tes chers "Vieux Pontliers"
Te voila sortie de ta léthargie
et au diable toutes les nostalgies
te voilà repartie pour toute une vie
et qui sait...peut être la belle vie.?
Mais même si le terrain était propice, la reconquête ne fut pas facile. Faire accepter une carte de restaurant en ces lieux ou chasseurs, promeneurs, randonneurs et locaux nostalgiques du folklore qui présidait au passé maison, fut plutôt ardu.
Lorsque je proposais mes idées: buffet dominical, menus du jour et autres assiettes jardinières...je m'entendais répondre: côtelettes-frites, saucisses, fondues etc... 
Alors j'ai décidé de m'accrocher à mes idées.
Mon premier buffet du dimanche midi, ne vit qu'un seul client qui se régala et se désola... d'être le seul à en bénéficier.
Six mois plus tard, les buffets à thème faisaient le plein tous les dimanches et je n'ai jamais produit la moindre frite...avantageusement remplacées par les roestis maison.
J'ai également joué la diversité tant dans les menus du jour que dans la carte..

vendredi 1 juin 2018

...ils sont arrivés...

 
...tristes et dépenaillés, à pieds, à cheval ou en voitures. Ils venaient de passer la main...
Cela ressemble aux paroles d'une chanson. Mais ce n'est pas une chanson car cette horde n'a plus d'ode. Après la drôle de guerre ils fuient presque fantômes, une guerre éclair.
Poursuivis, talonnés, traqués, désemparés, acculés, la mort dans l'âme, ils ont franchi leur rubicond.
Après avoir tout emmené, tout raflé sur le chemin de la terre brûlée, la rage de la destruction au ventre, ils sont arrivés transis, pitoyables, anéantis, débarqués, démoralisés, désarmés à nos frontières ou l'on a rendu leurs armes inutilisables ; mais étaient-t-elles utiles. Leurs chars de guerre, alignés comme à la parade, leur ont fait une dernière haie, mais pour quels honneurs ?
Le peu qu'ils ont conservé, ils le distribueront tout au long du harassant cortège qui les emmènera d'écoles en églises vers un destin qu'eux seuls ignoraient: les Camps de la défaite.
Le Jura les a vus, les a reçus. Mais que sont-ils devenus ?
Français, polonais, spahis, mêlés mais jamais mélangés, ils ont vécu la même et terrible grande désillusion. Ils se sentaient trahis, abandonnés. A travers chocolat et bonbons dont ils remplissaient nos poches et nos bouches, a travers les armes, casques et autres vestiges de leur vain combat, que nos parents recueillaient, ont-ils un instant caressé l'espoir d'accéder à une nouvelle considération ?
Eux, les battus de la première heure, ont-ils obtenu leur revanche des armes ?
Les gamins que nous étions, plantés sur le bord de leur route, évoquait tout ce qu'ils laissaient derrière eux et les larmes qu'ils essuyaient furtivement en nous glissant une tablette de chocolat, avaient des origines que nous ne comprîmes que beaucoup plus tard.
Spahis, aussi blanc que vos destriers, dans vos grands manteaux, fantassins, artilleurs, gris comme vos uniformes, juchés tout la haut sur vos carrioles et vos remorques d'artilleries; vous avez marqué ma vie et le Jura de 1940.

Le mot de la nuit...


A 2 h du matin, il éclate tout doré sur l'écran noir de ma nuit qui en devient blanche !
Je le considère comme important et décide de lui consacrer un moment. Mais , il m'échappe, fuit, je cours derrière...
Ce matin encore il ne revient pas. Pourtant c'est un de ces mots que l'on utilise tellement. Il peut exprimer tout et son contraire. Il permet de découvrir ou de cacher, toutes les vicissitudes de la vie. On l'utilise pour des banalités comme pour les moments importants. Un grand projet ? il surgit pour le promouvoir, le maintenir  en permanence dans l'esprit, le nourrir et pourquoi pas, le faire aboutir.
Mais il servira aussi à excuser le non aboutissement de la chose. Il nous mènera par le bout du nez, loin de la réalité qu'il nous masquera. C'est un de ces mots qui s'utilise sous couvert. Pas vraiment secret mais commun au point de se faire oublier. De par sa consonance, il fait partie d'une grande famille, disparate mais évocatrice. Allez, tu me reviens. Je voudrais bien t'accorder. Tu fais partie de mon vocabulaire, comme de celui de tout un chacun...
Quand je t'utilise, c'est que j'ai quelque chose à exposer, à promouvoir ou...à cacher. Un évènement survient, tu est à ma portée et tu sais l'exprimer. Tu peux me servir d'alibi ou de justificatif. Que tu es pratique!...
Malgré le recul je ne t'ai pas retrouvé...je te conserve ta place ici même, pour des temps meilleurs.